La politique du « en même temps » à l’Éducation nationale : encenser la liberté en muselant les agents.

L’article ci-dessous a été rédigé par les camarades du SNUEP de Normandie, il est parfait !

En octobre 2020, le tragique assassinat de notre collègue Samuel Paty n’a pas manqué de faire réagir le monde médiatico-politique. Un mot revenait dans les bouches de toutes et tous : liberté. Cette dernière était glorifiée à l’envi, et toute la hiérarchie de l’Éducation nationale la reprenait à son compte.
Pourtant, avant son assassinat, Samuel Paty n’a pas toujours reçu le soutien escompté de la part de l’institution. Avant le 16 octobre 2020, il y a eu des manquements de la part de cette dernière. Puis, les enseignant·es se souviennent encore de l’organisation de l’hommage à leur défunt collègue. Prévu en catastrophe et en pleine émotion, il devait avoir lieu la matinée du 02 novembre 2020…avant d’être annulé au dernier moment. Les acteurs de la communauté éducative avaient été prévenus par voie de presse.
Les enseignant·es ont été touché·es par cette incurie institutionnelle et les séquelles sont profondes. Alors, à l’annonce d’un hommage le 15 octobre 2021 à Samuel Paty, les dents ont grincé car l’hypocrisie ne passait plus.
C’est ce qui a conduit Jean-Christophe PETON (PLP de l’académie de Besançon) à dénoncer auprès de ses collègues, via l’ENT, l’ironie d’un hommage rendu par l’institution, quand cette dernière n’avait pas soutenu Samuel Paty quand il en aurait eu besoin. Pour le rectorat de Besançon, cette défiance n’était pas supportable. Certaines vérités ne semblent pas bonnes à dire et notre collègue a été suspendu pour une durée de 4 mois en attente d’un conseil de discipline.
La convocation à un conseil de discipline n’a rien d’anodin et peut conduire à de lourdes sanctions. Officiellement, en réponse à un article de L’Express[1], l’académie de Besançon déclare :

« Ce professeur a été sanctionné par suspension à titre conservatoire suite à l’utilisation d’un outil institutionnel et professionnel de communication, en l’occurrence l’environnement numérique de travail (ENT) à des fins de diffusion de propos personnels qui n’ont rien de pédagogiques […] C’est bien dans ce cadre là qu’il a été sanctionné et non pas pour ses propos »

A l’heure où Jean-Michel Blanquer tente de revêtir le costume de défenseur de la liberté d’expression, il serait difficile d’assumer que les propos tenus sont responsables de la procédure administrative mise en route. Les enseignant·es ne sont pas dupes et une grande vague de soutien à destination du professeur incriminé submerge la toile. Si une mauvaise utilisation des outils internes de l’Éducation nationale était réellement la cause du problème, un simple recadrage aurait suffi. Ici, on tente de museler la parole divergente d’un collègue.
Nous avons en mémoire l’affaire des 4 de Melle où des enseignant·es avaient été lourdement sanctionné·es pour leur participation à des manifestations contre la mise en place des E3C dans les lycées. Nous constatons que la liberté d’expression des professeurs s’est amoindrie ces dernières années. Le SNUEP-FSU s’était inquiété de la mise en place de l’article 1er de la loi sur l’École de la confiance, qui restreignait la liberté d’expression des enseignant·es. Nous en voyons les conséquences directes.

Ajout du 3 décembre (SNUEP BESANCON)

Suite à une nouvelle convocation au rectorat de Besançon le jeudi 2 décembre, les sanctions à l’encontre de Jean-Christophe Peton ont été levées.

C’est une belle victoire et une belle déconvenue pour le rectorat. Encore une fois, la preuve est faite que le combat collectif, la mobilisation en masse des collègues enseignant.es et agent.es du Lycée du Bois de Mouchard, et la mobilisation d’une intersyndicale représentant l’ensemble des syndicats de l’académie peuvent nous amener à remporter des victoires. Nous devons être fiers de celle-ci dans la période difficile qui s’annonce pour nous.


[1] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/affaire-paty-un-prof-suspendu-pour-avoir-mis-en-cause-l-education-nationale-se-dit-estomaque_2163393.html

MUTATIONS INTERACADEMIQUE 2022

La phase interacadémique des mutations aura lieu du 4 au 30 novembre 2021. Des outils (journal US complet et 8 pages SNUEP) sont disponibles sur le site du SNUEP National.

N’hésitez pas à nous contacter pour toute question (snuepbesancon@gmail.com), nous conviendrons d’un RDV téléphonique pour examiner votre situation.

FORMATION SYNDICALE

7 décembre 2021 : Droits et obligations des PLP

Vous êtes surchargé·e par le travail ? Débordé·e par les tâches “inévitables” ? PP, PFMP, coordination… Conseils de classe, réunions, préparation de sujets…

Êtes-vous sûr·e de n’avoir pas le choix ?
Devez-vous tout accepter ?
Quand dire STOP ?

Le SNUEP-FSU vous propose de participer à une journée de formation syndicale sur le thème :

“Connaître ses droits et obligations pour mieux vivre son quotidien”

Le mardi 7 décembre 2021 de 9h00 à 16h00
à la Maison des Syndicats de Besançon

Elle sera animée par Christophe MAYAM (Co-secrétaire académique d’Orléans-Tours, membre du secteur national Syndicalisation-Formation).

Que vous soyez contractuel·le, stagiaire, titulaire, syndiqué·e, non-syndiqué·e, cette journée de formation vous concerne. Elle est ouverte à tou.te.s 

Nous pensons qu’il n’est pas superflu de prendre une journée sur votre travail ou sur votre temps personnel pour connaître ou approfondir vos connaissances sur vos droits et devoirs.

Rappel du droit à la formation syndicale
Comme le précise la loi n°84-16 du 11 janvier 1984, tout enseignant (titulaire ou contractuel) a droit à 12 jours de formation syndicale par an, sans obligation de rattrapage de cours ni perte de salaire. La seule contrainte est de réaliser la demande d’autorisation d’absence pour formation syndicale au minimum 1 mois avant la date de la formation.

Modalités d’inscription

Si vous souhaitez participer à cette formation, il faut impérativement compléter et déposer votre  demande (disponible sur demande à snuepbesancon@gmail.com) auprès de votre chef d’établissement au plus tard le 8 novembre 2021.

  • IMPORTANT : Aucune convocation n’est exigible de la part de votre supérieur.e hiérarchique ! Nous prévenir en cas de problème.