Archives de catégorie : Communiqués et déclarations

Bac pro, CAP, BEP session 2020 : des modalités devant rester exception

COMMUNIQUÉ
Paris, le 18 mai 2020

Vendredi 15 mai 2020 s’est tenue une audience multilatérale avec la Dgesco sur l’organisation exceptionnelle de la session 2020 des examens de la voie professionnelle. Cette multilatérale précédait un Conseil supérieur de l’Éducation prévu, sans vote, sur le même sujet, ce lundi 18 mai.

Pourtant, dès le 7 mai, sans l’adresser aux organisations syndicales, et avant même la tenue des instances représentatives, la Dgesco diffusait aux Chef·fes d’établissement et aux IEN un « Point d’information » relatif aux modalités de prise en compte des résultats obtenus par les élèves durant l’année scolaire. Clairement, pour le SNUEP-FSU, même si un cadrage national était nécessaire, celui-ci n’aurait pas dû s’effectuer dans des conditions qui sont loin de respecter le « dialogue social ».

Globalement, les modalités de prise en compte des CCF et du contrôle continu des élèves pour l’examen semblent chercher à limiter les inégalités entre les candidat×es et les iniquités selon les établissements d’origine. Certaines de ces modalités pourraient toutefois engendrer des tentatives de pressions locales pour « gonfler les résultats » au détriment de la crédibilité des diplômes délivrés lors de cette session qui doit rester exceptionnelle.

Par ailleurs, les tâches de calcul et de remontée des notes vont alourdir la charge de travail des enseignant×es en cette période particulière où il leur faudra parallèlement continuer à maintenir aussi longtemps que possible le lien scolaire avec leurs élèves.

Enfin, le ministère s’obstine à vouloir organiser l’habituel oral de contrôle, épreuve du second groupe du bac pro. Pour le SNUEP-FSU cette volonté pose de nombreuses questions, tant sur la possibilité sanitaire d’une telle organisation, que sur le contenu des épreuves alors proposées, pour des candidat×es qui, de fait, n’auront pas pu suivre l’intégralité du programme. Le ministère envisage que leur soit délivrée, dans chaque établissement et pour chaque matière concernée, une attestation énumérant les parties de programmes qu’il aura été possible de traiter. Pour le SNUEP-FSU, cette solution ne limite en rien le risque sanitaire lié au déroulement d’oraux et compliquera leur organisation, tant pour les candidat×es que pour les examinateurs et examinatrices. En cette année particulière et plus encore que d’habitude, car seuls des CCF et du contrôle continu contribueront à la réussite à l’examen, l’épreuve de contrôle paraît superflue. Le SNUEP-FSU en demande donc, plus que jamais, la suppression.

Préconisations du Conseil scientifique Covid-19

COMMUNIQUÉ
Paris, le 26 avril 2020

Le Conseil scientifique Covid-19 vient de rendre public ses préconisations sanitaires concernant l’accueil des élèves, des parents et de tous les personnels dans les établissements scolaires.   

Dans un avis daté du 20 avril, le conseil scientifique émet d’abord la proposition de ne rouvrir les établissements scolaires qu’à la rentrée de septembre 2020 puis écrit explicitement dans sa note datée du 24 avril qu’il se conforme à la décision politique du Président pour une ouverture progressive et prudente à partir du 11 mai.

Une fois de plus, certains experts scientifiques se plient aux politiques qui eux s’affranchissent une fois de plus des considérations sanitaires.

Pour le SNUEP-FSU ce sont des choix irresponsables qui mettent en danger l’ensemble de la population.

Pour le SNUEP-FSU, les établissements ne pourront rouvrir qu’à la condition de l’existence d’un protocole national strict validé par le CHSCT ministériel de l’Éducation nationale.

Pour décliner localement ce protocole, il est indispensable de dédier un temps suffisamment long aux représentant·es des personnels, des familles, des élèves et des élu·es pour en mesurer les adaptations locales.

Réouverture des établissements : les conditions sanitaires oubliées par le ministre

COMMUNIQUÉ
Paris, le 22 avril 2020

Le 21 avril, devant l’Assemblée nationale, le ministre J.-M. Blanquer a présenté sa doctrine pour la réouverture progressive des établissements. Une nouvelle fois, les personnels et leurs représentant·es apprennent par la presse les choix du ministre quant à l’organisation de leur travail. Le dialogue social n’est décidément pas une pratique du pouvoir, même en temps de crise.

Sans considération sanitaire, le ministre a donné un calendrier de reprise et une organisation pédagogique. Il s’abrite derrière les « autorités sanitaires » pour ne pas avoir à rentrer dans le détail des conditions matérielles qui semblent impossibles à mettre en œuvre d’ici les dates annoncées. Justifier le choix de la reprise le 11 mai en s’appuyant sur une étude scientifique d’Allemagne relève de la malhonnêteté : la circulation du virus est bien différente en France, tout comme la capacité de notre système de santé à y faire face.

Pour le SNUEP-FSU, aucune reprise ne peut être envisagée sans avoir en amont l’assurance que les conditions sanitaires soient réunies pour une protection collective des personnels et des élèves. Cela passe par la validation d’un protocole national strict susvisé par une commission d’experts scientifiques indépendants. Et contrairement aux pratiques du ministre, les CHSCT comme les instances représentatives des personnels doivent être consultés à tous les niveaux avant toute décision d’ouverture d’établissement.

Pour les LP, SEP, SEGPA et EREA, le ministère envisage une prérentrée d’une semaine. Le SNUEP-FSU a demandé un temps pour les équipes afin de préparer ensemble l’accueil sanitaire des élèves, de définir les contenus éducatifs et pédagogiques et pour anticiper l’organisation des établissements.  

Mais le SNUEP-FSU dénonce l’intention du ministre d’utiliser cette « prérentrée » pour tenter d’imposer des prétendues « bonnes pratiques » pédagogiques et des plans personnalisés pour chaque élève. Les personnels ont besoin d’un cadrage sanitaire clair et non, une fois de plus, d’injonctions pédagogiques qui risquent d’entrainer des dérives locales et des prescriptions inadaptées de la part d’équipes d’inspection ou de direction.  Les personnels souhaitent travailler en toute sérénité pour répondre aux difficultés scolaires et psychologiques des jeunes. 

Le SNUEP-FSU s’interroge sur le choix de faire reprendre en premier les sections industrielles alors même que les gestes barrières et la distanciation sont plus compliqués à mettre en œuvre.

Il dénonce fermement les propos du ministre quant au cumul possible de l’enseignement en présentiel et à distance.

Pour le SNUEP-FSU, si reprise il y a, les évaluations des élèves ne pourront être que formatives. Pendant les quelques semaines de réouverture, l’urgence ne sera pas à l’évaluation certificative pour le livret scolaire ou les diplômes au risque d’accroitre encore plus les inégalités.

L’éloignement des élèves pendant le confinement et les inégalités mises en lumières ne se résoudront pas par le seul retour en classe.

Dès maintenant, des mesures urgentes sont à envisager pour la rentrée de septembre dans la voie professionnelle, notamment un collectif budgétaire pour la création de postes dans les LP, SEP, SEGPA et EREA publics, et l’abrogation des dispositifs que sont la co-intervention et le chef-d’œuvre pour redonner du temps disciplinaire professionnel et général aux élèves.

Plutôt que des paroles, le SNUEP-FSU exige un investissement conséquent pour les élèves mais aussi pour les enseignant·es de la voie professionnelle.

DU JAMAIS VU, LE MINISTRE INNOVE EN ENVISAGEANT DE SUPPRIMER UN DIPLÔME PROFESSIONNEL

Le jeudi 6 février, le ministre convie journalistes et personnalités diverses à un déjeuner de presse pour vanter la vitrine de sa réforme de la voie professionnelle : les campus des métiers et des qualifications. À l’opposé de cette vitrine, il persiste à démanteler méticuleusement les lycées et les diplômes professionnels.

Le ministère envisage de supprimer purement et simplement le BEP. Ce diplôme a déjà subi une attaque forte lors de la généralisation du bac pro 3 ans au sens où, depuis, il ne bénéficie plus d’une formation spécifique. Il s’obtient dorénavant par des épreuves certificatives qui se déroulent l’année de première bac pro – d’où son nom de diplôme intermédiaire. Le ministre Blanquer est un des instigateurs de ce coup dur porté au BEP.

Aujourd’hui, il envisage d’aller encore plus loin en remplaçant ce diplôme, reconnu par les conventions collectives donc reconnu par les entreprises, par une attestation.

Tous les jeunes quittant la voie professionnelle avant l’obtention du baccalauréat n’auraient donc plus la possibilité d’obtenir un premier niveau de qualification par un diplôme. Or, comme le soulignent toutes les études, le diplôme reste un rempart contre la précarité et le chômage.

Si cette mesure était mise en œuvre, elle aurait de lourdes conséquences pour les jeunes qui décrocheraient et se retrouveraient de fait à grossir les rangs de celles et ceux qui sortent du système éducatif sans qualification.

Ce choix est à l’opposé des objectifs affichés de sécurisation des parcours scolaire et professionnel des jeunes. Une fois de plus M. Blanquer fait la preuve du fossé qui existe entre son discours et la réalité de ses actes.

Le SNUEP-FSU refusera ce scénario car il est dangereux pour les jeunes et irrespectueux des personnels engagé·es au quotidien pour faire réussir et qualifier tou·tes les élèves.

Il exige le maintien du BEP et demande à ce que les épreuves de ce diplôme intermédiaire redeviennent ponctuelles et terminales pour libérer du temps disciplinaire et redonner du temps d’enseignement aux enseignant·es.

Le ministre Blanquer ne peut plus nier les difficultés des professeur·es de lycée professionnel

COMMUNIQUÉ
Paris, le 17 janvier 2020

Malgré le discours de notre ministre Blanquer, les reformes en cours dans la voie professionnelle, avec des dispositifs pédagogiques imposés (co-intervention et chef-d’œuvre notamment), la multiplication des heures supplémentaires et les suppressions de postes prévues pour la rentrée prochaine amplifient le malaise enseignant et la souffrance au travail.

Dans un système éducatif mis sous tension à tous les niveaux, les enseignant·es les plus touché·es sont bien souvent les non titulaires. Soumis à une pression énorme, ce sont les premières victimes des suppressions de postes. Pour garder leur emploi, ils et elles sont souvent obligé·es d’accepter d’enseigner sur deux voire trois établissements. De plus, ils et elles sont aussi les premières victimes des pressions hiérarchiques de la part de chef·fes d’établissement ou d’inspecteurs·trices qui ont tout pouvoir sur le devenir professionnel de ces personnels précaires.

D’année en année, le SNUEP-FSU n’a de cesse d’alerter sur la dégradation des conditions d’exercice du métier de professeur·e de lycée professionnel et sur la situation des non titulaires. Force est de constater que la souffrance professionnelle pousse encore certains professeurs au suicide comme cela a encore été le cas récemment au lycée polyvalent Jean Moulin dans les Ardennes. Au-delà de ce passage à l’acte dramatique, le ministre doit enfin prendre ces questions de conditions de travail au sérieux. L’administration ne peut pas renvoyer ces accidents de services à des problèmes personnels, comme si la dégradation des conditions d’exercice du métier n’avait pas de conséquences sur la santé mentale et physique donc sur la vie privée des personnels.

Le SNUEP-FSU demande à ce que le métier de PLP soit enfin revalorisé et que les conditions d’exercice soient améliorées contrairement à ce qui est fait depuis plusieurs années. Cela passe par une meilleure rémunération, une meilleure formation initiale est continue, une gestion plus humaine des ressources humaines, un nombre d’heures hebdomadaire de face-à-face pédagogique diminué pour permettre un travail équipes pluriprofessionnelles, un moratoire sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement professionnel qui transforme de façon brutale le métier et qui met de nombreux·ses enseignant·es face à des difficultés intenables.

Le SNUEP-FSU continue à exiger la mise en œuvre d’un plan de titularisation des non titulaires dont la part est beaucoup plus importante en lycée professionnel que dans les autres établissements du second degré.