Archives de catégorie : Communiqués et déclarations

PÉNICAUD, BLANQUER, MARTINOT JETTENT LE DISCRÉDIT SUR LES LYCÉES PROFESSIONNELS POUR MIEUX LES DÉMOLIR !

COMMUNIQUÉ
Paris, le 9 mai 2019

En avril 2018, dans sa présentation de la loi Pour la liberté de choisir son avenir professionnel, la ministre du Travail affirmait sans scrupule que « le milliard et demi d’euros attribué aux régions pour financer les lycées pros ira aux entreprises et aux jeunes. » Elle laissait ainsi sous-entendre que les lycées professionnels perçoivent réellement cette somme et que l’argent dédié aux établissements ne bénéficient pas aux jeunes.

En octobre 2018, c’est au ministre de l’Éducation nationale en personne de jeter le discrédit sur les lycées professionnels en prétendant que cette voie de formation « coûte le plus cher et a le plus d’heures de cours » sans être « synonyme de réussite. »

Le 6 mai 2019, c’est au tour de Bertrand Martinot, économiste et contributeur à l’institut Montaigne, d’attaquer nos lycées sur les ondes : « Sur la formation professionnelle, on a oublié les lycées professionnels qui fabriquent quand même beaucoup de chômeurs ». Est-il nécessaire de rappeler son bilan à celui qui se prétend spécialiste du chômage et qui a occupé la fonction de délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) de 2008 à 2012 : le chômage n’a jamais baissé grâce à ses préconisations pourtant mises en œuvre comme celle du développement à tout crin de l’apprentissage.

Ces déclarations mensongères sont inacceptables. Elles sont révélatrices d’un mépris intolérable pour les personnels qui s’investissent au quotidien pour faire réussir les 530 000 jeunes scolarisé·es dans le service public de la formation professionnelle.

Le SNUEP-FSU rappelle que les lycées professionnels amènent davantage de jeunes aux diplômes : en CAP, ils/elles sont plus de 70 % à réussir par la voie scolaire contre 60 % par apprentissage, en bac pro, c’est 65 % de réussite par la voie scolaire contre 50 % par apprentissage. Dans un contexte où l’accès à un premier niveau de qualification par un diplôme reste un rempart notable face au chômage, disqualifier ainsi la voie de formation la plus performante pour stimuler l’apprentissage, système fortement discriminant, est intolérable.

Le SNUEP-FSU dénonce avec force cette opération de discrédit et demande le retrait de la réforme Blanquer de la voie professionnelle.

Après la réussite de la journée de mobilisation pour refuser le projet de loi de transformation de la fonction publique, le SNUEP-FSU appelle les personnels à se mobiliser massivement et à participer à la manifestation nationale le 18 mai à Paris pour exiger une revalorisation des salaires et demander l’abandon du projet de loi Blanquer et de la réforme Blanquer de la voie professionnelle.

Communiqué : le ministre s’offre une opération de communication et n’éteint pas l’incendie dans les lycées professionnels

Paris, le 19 avril 2019

Pour J.-M. Blanquer, toutes les occasions sont bonnes pour « récupérer » l’actualité, même la plus triste comme celle de Notre-Dame de Paris. L’incendie à peine maîtrisé, le ministre se présente comme un acteur essentiel de sa reconstruction en annonçant solennellement mobiliser le « monde » de l’enseignement professionnel.

Mais ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il est surtout un acteur majeur de la destruction de la voie professionnelle publique. En 2009, il a participé activement à spolier 1 an de formation aux lycéen·nes professionnel·les, les empêchant ainsi d’acquérir des connaissances solides pour aborder leurs métiers avec le professionnalisme nécessaire. Il fait partie des promoteurs actifs de l’apprentissage qui laisse des dizaines milliers de jeunes mineur·es sur le carreau et qui limite les poursuites d’études. Depuis qu’il exerce des hautes fonctions au ministère, il n’a ouvert aucune section qui forment « aux savoirs ancestraux », préférant celles qui répondent aux besoins immédiats des entreprises ou d’autres moins coûteuses, en tertiaire notamment. L’action du ministre a été et continue d’être une opération de destruction de la formation professionnelle initiale.

La réforme qu’il a entamée va encore aggraver la situation. Les secondes « familles de métiers » qu’il veut imposer retarderont d’un an l’apprentissage des gestes professionnels et des savoirs techniques pour les jeunes. La réduction drastique des heures et les nouveaux programmes ne permettront plus aux jeunes de maitriser les savoirs essentiels à leurs métiers.

Ces effets délétères seront bien réels aussi pour les métiers d’arts dont il ne tarit pas d’éloges depuis quelques jours. Pour tailler des pierres, réaliser des charpentes, restaurer des sculptures etc., l’enseignement de l’Histoire, de l’Histoire des arts ou de la géométrie offrent aux jeunes des éléments de connaissances essentiels à leurs futurs métiers. Le ministre diminue pourtant ces enseignements.

Quand le ministre évoque le « monde » de l’enseignement professionnel et les « formations aux savoirs ancestraux » il se moque ouvertement des personnels et des 700 000 jeunes des lycées professionnels. Au lieu d’assumer ses missions et ses responsabilités envers le service public d’éducation, il choisit de faire la promotion du compagnonnage en transposant un de leur « instrument pédagogique » dans le service public. Le fameux chef-d’œuvre est en réalité un dispositif inadapté aux lycées professionnels et qui ne vient pas compenser la perte de savoirs professionnels, techniques et généraux.

Cette posture de promoteur de la formation professionnelle ne leurre pas les personnels ni les jeunes ni leurs familles. En réalité, l’action éducative de J.-M. Blanquer a pour conséquence d’empêcher les jeunes de la voie professionnelles d’acquérir des connaissances et savoir-faire solides pour aborder leurs métiers avec le professionnalisme nécessaire.

La réforme en cours de la voie professionnelle sera catastrophique pour tous les métiers, y compris les métiers d’arts. Les jeunes ont besoin de formations initiales complètes et équilibrées pour répondre à tous les enjeux de notre société. C’est pour ces raisons que le SNUEP-FSU demande le retrait de la réforme Blanquer du lycée professionnel et l’ouverture de véritables négociations pour améliorer les conditions de travail des personnels et les conditions d’études des jeunes.

Le SNUEP-FSU appelle les professeur·es de lycée professionnel à se mobiliser massivement les 9 et 18 mai pour défendre leur métier et sauver les lycées professionnels.

Quand l’histoire du monde ouvrier devient celle des Compagnons du Devoir : triste programme pour les bacs pros

COMMUNIQUÉ
Paris, le 25 mars 2019

Bâclés en deux mois, les premiers projets de programme d’histoire-géographie de la voie professionnelle montraient déjà la volonté ministérielle de formater les futurs salarié·es, pour leur faire accepter, sans recul ni critique une certaine idée de la marche du monde, libérale et mondialisée.

Après les pseudo-consultations des organisations syndicales et des enseignant·es, la nouvelle version des programmes évolue dans un sens qui prend bien peu en compte les remarques des professionnels.

En effet, si le programme d’histoire en CAP est allégé en repères et notions, de très « politique et institutionnel » il n’est plus que « politique et institutionnel ». Droits sociaux, dont le droit de grève, comme transformations économiques et sociales disparaissent. Exit les savoirs équilibrés et émancipateurs. Rien sur un enseignement de La place des femmes dans l’histoire alors que l’égalité est une prétendue grande cause nationale. En réalité ces programmes sont du « bourrage de crâne » pour des jeunes qui présentent des difficultés sociales et scolaires et pour qui l’école est souvent le seul levier émancipateur.

Pour les bacs pros, le SNUEP-FSU avait dénoncé l’évolution, tant en histoire qu’en géographie, vers une approche économique et commerciale, aux dépens d’une approche sociale et environnementale. Même si les programmes pour les classes de 1re et de terminale n’ont pas été rédigés, le SNUEP-FSU avait fortement alerté sur la disparition de l’histoire du monde ouvrier, pourtant un des atouts du programme actuel.

Face à cette contestation, le ministre a ajouté l’histoire du compagnonnage au XIXe siècle. Mais il ne dupe personne. Cette mise en perspective historique est à l’opposé d’un enseignement des luttes ouvrières et des acquis que celles-ci ont permis. En réalité, l’étude du compagnonnage sert à justifier son dispositif rejeté par la profession : le fameux chef d’œuvre !

La formation ouvrière sur le modèle d’un apprentissage élitiste, sélectif, est plébiscité. Les enseignant·es devront évoquer le livret ouvrier, instrument contractuel de soumission des jeunes travailleurs et travailleuses aux patrons, et outil de surveillance contre les coalitions ouvrières. Entre « cayenne » et « Devoirs », les Droits n’auront plus leur place dans ces nouveaux programmes.

Le SNUEP-FSU dénonce ce détournement de l’histoire ouvrière et cette instrumentalisation des contenus d’enseignement aux services des idéologies libérales menées par le gouvernement.

Le SNUEP-FSU s’oppose fortement à ces programmes et continuera d’exiger des contenus d’enseignement ambitieux où l’histoire enseignée est au service de la connaissance et de l’émancipation, et non pas au service des dominants.

Pour le mépris du travail des PLP : le ruissellement ça marche !

COMMUNIQUÉ
Paris, le 30 janvier 2019

Pour le mépris du travail des PLP : le ruissellement ça marche !

 Concernant la gestion des ressources humaines, un récent rapport des inspections générales émet des préconisations qui prétendent améliorer la reconnaissance des parcours des enseignant·es.

Des primes au mérite et des déroulements de carrière à la carte sont préconisés pour les enseignant·es qui s’engagent dans des pratiques dites vertueuses définies ici par un « investissement dans un travail collectif ou de formation » : exit donc les personnels qui ne peuvent pas donner plus de temps à leur travail déjà lourd pour des raisons personnelles, charge parentale, maladie, éloignement des lieux de travail etc. Des guides, pour améliorer l’entrée dans le métier, la création de hiérarchies intermédiaires entre la direction et les enseignant·es ou les contractuel·les, une régionalisation des recrutements pour le second degré : telles sont les vieilles recettes du quinquennat Sarkozy recyclées dans ce rapport.

Une fois encore, sous ce ministère, les professeur·es de lycée professionnel, ces fameux « autres enseignant·es » de la campagne télévisuelle du ministre, sont fortement attaqué·es.

Les auteurs du rapport écrivent explicitement que si trois conditions sont respectées, le service des PLP pourrait être « adapté à une organisation du temps des élèves [de lycée professionnel] qui est fortement annualisée » précisant que ce n’est pas le cas pour les professeur·es certifié·es car leurs élèves ont un emploi du temps hebdomadaire.

Les trois conditions seraient : la participation des acteurs aux évolutions, leurs capacités à comprendre et à adhérer aux évolutions et enfin, la reconnaissance et la considération accrue pour les chefs d’établissement en tant que premier responsable des ressources humaines.

Le SNUEP-FSU rappelle que l’organisation du temps des élèves reste très majoritairement hebdomadaire. Affirmer le contraire c’est répondre à un objectif d’annualisation du service des professeur·es de lycée professionnel pour qu’ils·elles interviennent auprès des apprenti·es et n’assurent plus le suivi des périodes de formation en milieu professionnel.

Le SNUEP-FSU rappelle solennellement au ministre, comme aux rédacteurs de ce rapport, que le statut des professeur·es de lycée professionnel définit l’organisation de leur service de façon hebdomadaire et qu’avec la profession, nous refuserons fermement et partout cette attaque en règle contre nos statuts.

Le SNUEP-FSU appelle les collègues à dénoncer ses attaques inédites contre les professeur·es de lycée professionnel et la voie professionnelle, dans les conseils d’administration, dans les établissements, dans les AG, dans les mobilisations et dans toutes les instances. Ensemble, stoppons partout cet engrenage infernal. Ensemble, imposons une autre réforme et d’autres mesures où l’intérêt des jeunes et celui des personnels sont au cœur des transformations.