Archives de catégorie : Communiqués et déclarations

DU JAMAIS VU, LE MINISTRE INNOVE EN ENVISAGEANT DE SUPPRIMER UN DIPLÔME PROFESSIONNEL

Le jeudi 6 février, le ministre convie journalistes et personnalités diverses à un déjeuner de presse pour vanter la vitrine de sa réforme de la voie professionnelle : les campus des métiers et des qualifications. À l’opposé de cette vitrine, il persiste à démanteler méticuleusement les lycées et les diplômes professionnels.

Le ministère envisage de supprimer purement et simplement le BEP. Ce diplôme a déjà subi une attaque forte lors de la généralisation du bac pro 3 ans au sens où, depuis, il ne bénéficie plus d’une formation spécifique. Il s’obtient dorénavant par des épreuves certificatives qui se déroulent l’année de première bac pro – d’où son nom de diplôme intermédiaire. Le ministre Blanquer est un des instigateurs de ce coup dur porté au BEP.

Aujourd’hui, il envisage d’aller encore plus loin en remplaçant ce diplôme, reconnu par les conventions collectives donc reconnu par les entreprises, par une attestation.

Tous les jeunes quittant la voie professionnelle avant l’obtention du baccalauréat n’auraient donc plus la possibilité d’obtenir un premier niveau de qualification par un diplôme. Or, comme le soulignent toutes les études, le diplôme reste un rempart contre la précarité et le chômage.

Si cette mesure était mise en œuvre, elle aurait de lourdes conséquences pour les jeunes qui décrocheraient et se retrouveraient de fait à grossir les rangs de celles et ceux qui sortent du système éducatif sans qualification.

Ce choix est à l’opposé des objectifs affichés de sécurisation des parcours scolaire et professionnel des jeunes. Une fois de plus M. Blanquer fait la preuve du fossé qui existe entre son discours et la réalité de ses actes.

Le SNUEP-FSU refusera ce scénario car il est dangereux pour les jeunes et irrespectueux des personnels engagé·es au quotidien pour faire réussir et qualifier tou·tes les élèves.

Il exige le maintien du BEP et demande à ce que les épreuves de ce diplôme intermédiaire redeviennent ponctuelles et terminales pour libérer du temps disciplinaire et redonner du temps d’enseignement aux enseignant·es.

Le ministre Blanquer ne peut plus nier les difficultés des professeur·es de lycée professionnel

COMMUNIQUÉ
Paris, le 17 janvier 2020

Malgré le discours de notre ministre Blanquer, les reformes en cours dans la voie professionnelle, avec des dispositifs pédagogiques imposés (co-intervention et chef-d’œuvre notamment), la multiplication des heures supplémentaires et les suppressions de postes prévues pour la rentrée prochaine amplifient le malaise enseignant et la souffrance au travail.

Dans un système éducatif mis sous tension à tous les niveaux, les enseignant·es les plus touché·es sont bien souvent les non titulaires. Soumis à une pression énorme, ce sont les premières victimes des suppressions de postes. Pour garder leur emploi, ils et elles sont souvent obligé·es d’accepter d’enseigner sur deux voire trois établissements. De plus, ils et elles sont aussi les premières victimes des pressions hiérarchiques de la part de chef·fes d’établissement ou d’inspecteurs·trices qui ont tout pouvoir sur le devenir professionnel de ces personnels précaires.

D’année en année, le SNUEP-FSU n’a de cesse d’alerter sur la dégradation des conditions d’exercice du métier de professeur·e de lycée professionnel et sur la situation des non titulaires. Force est de constater que la souffrance professionnelle pousse encore certains professeurs au suicide comme cela a encore été le cas récemment au lycée polyvalent Jean Moulin dans les Ardennes. Au-delà de ce passage à l’acte dramatique, le ministre doit enfin prendre ces questions de conditions de travail au sérieux. L’administration ne peut pas renvoyer ces accidents de services à des problèmes personnels, comme si la dégradation des conditions d’exercice du métier n’avait pas de conséquences sur la santé mentale et physique donc sur la vie privée des personnels.

Le SNUEP-FSU demande à ce que le métier de PLP soit enfin revalorisé et que les conditions d’exercice soient améliorées contrairement à ce qui est fait depuis plusieurs années. Cela passe par une meilleure rémunération, une meilleure formation initiale est continue, une gestion plus humaine des ressources humaines, un nombre d’heures hebdomadaire de face-à-face pédagogique diminué pour permettre un travail équipes pluriprofessionnelles, un moratoire sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement professionnel qui transforme de façon brutale le métier et qui met de nombreux·ses enseignant·es face à des difficultés intenables.

Le SNUEP-FSU continue à exiger la mise en œuvre d’un plan de titularisation des non titulaires dont la part est beaucoup plus importante en lycée professionnel que dans les autres établissements du second degré.

Rendez Vous Académiques Janvier 2020

Voici les rendez-vous académiques pour mardi 14 janvier ainsi que les premières actions des jours suivants. Nous compléterons dès que possible.

Mardi 14 Janvier

DOUBS

  • BESANCON : 14h Place de la Révolution.
  • RDV   à  7h15 devant le lycée Pasteur.

JURA

  • DOLE : 10H00 Avenue de Lahr.
  • LONS: 14H30 Place de la Liberté
  • SAINT-CLAUDE: 10H30 Place du 9 avril.

TERRITOIRE DE BELFORT

  • BELFORT : 10h Maison du Peuple

Mercredi 15 janvier

  • BESANCON : péage gratuit de 7h à 8h30  à Valentin
  • VESOUL : rassemblement à 16h au rond point de Trail 70 (RN19)

Jeudi 16 janvier à BESANCON : rassemblement à 9h30 à la gare au moment de l’AG des cheminots.

Pour rappel, le lycée Jules Haag était bloqué et bien bloqué jeudi 9 janvier 2020 (voir vidéo accessible ci-dessous)

EN DIRECT – Action intersyndicale de blocage du lycée Jules Haag à Besançon

Publiée par Radio Bip 96.9FM sur Jeudi 9 janvier 2020

PÉNICAUD, BLANQUER, MARTINOT JETTENT LE DISCRÉDIT SUR LES LYCÉES PROFESSIONNELS POUR MIEUX LES DÉMOLIR !

COMMUNIQUÉ
Paris, le 9 mai 2019

En avril 2018, dans sa présentation de la loi Pour la liberté de choisir son avenir professionnel, la ministre du Travail affirmait sans scrupule que « le milliard et demi d’euros attribué aux régions pour financer les lycées pros ira aux entreprises et aux jeunes. » Elle laissait ainsi sous-entendre que les lycées professionnels perçoivent réellement cette somme et que l’argent dédié aux établissements ne bénéficient pas aux jeunes.

En octobre 2018, c’est au ministre de l’Éducation nationale en personne de jeter le discrédit sur les lycées professionnels en prétendant que cette voie de formation « coûte le plus cher et a le plus d’heures de cours » sans être « synonyme de réussite. »

Le 6 mai 2019, c’est au tour de Bertrand Martinot, économiste et contributeur à l’institut Montaigne, d’attaquer nos lycées sur les ondes : « Sur la formation professionnelle, on a oublié les lycées professionnels qui fabriquent quand même beaucoup de chômeurs ». Est-il nécessaire de rappeler son bilan à celui qui se prétend spécialiste du chômage et qui a occupé la fonction de délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) de 2008 à 2012 : le chômage n’a jamais baissé grâce à ses préconisations pourtant mises en œuvre comme celle du développement à tout crin de l’apprentissage.

Ces déclarations mensongères sont inacceptables. Elles sont révélatrices d’un mépris intolérable pour les personnels qui s’investissent au quotidien pour faire réussir les 530 000 jeunes scolarisé·es dans le service public de la formation professionnelle.

Le SNUEP-FSU rappelle que les lycées professionnels amènent davantage de jeunes aux diplômes : en CAP, ils/elles sont plus de 70 % à réussir par la voie scolaire contre 60 % par apprentissage, en bac pro, c’est 65 % de réussite par la voie scolaire contre 50 % par apprentissage. Dans un contexte où l’accès à un premier niveau de qualification par un diplôme reste un rempart notable face au chômage, disqualifier ainsi la voie de formation la plus performante pour stimuler l’apprentissage, système fortement discriminant, est intolérable.

Le SNUEP-FSU dénonce avec force cette opération de discrédit et demande le retrait de la réforme Blanquer de la voie professionnelle.

Après la réussite de la journée de mobilisation pour refuser le projet de loi de transformation de la fonction publique, le SNUEP-FSU appelle les personnels à se mobiliser massivement et à participer à la manifestation nationale le 18 mai à Paris pour exiger une revalorisation des salaires et demander l’abandon du projet de loi Blanquer et de la réforme Blanquer de la voie professionnelle.