Révolution copernicienne en marche dans la voie professionnelle, Amplifier la mobilisation

COMMUNIQUÉ
Paris, le 12 avril 2018

Révolution copernicienne en marche dans la voie professionnelle, Amplifier la mobilisation

 Depuis plusieurs semaines, des lycées professionnels sont mobilisés pour accuser un manque criant de moyens pour la prochaine rentrée. Certains dénoncent un climat scolaire qui se détériore quand d’autres luttent contre des injonctions locales qui se multiplient – comme celles émanant d’équipes d’inspections qui imposent aux collègues des fusions de filières en seconde ou des colorations de diplômes. La médiatisation des difficultés majeures que rencontrent bon nombre de lycées professionnels implique que dorénavant le ministère ne peut plus faire comme s’il ne savait pas.

Renforcer la voie professionnelle scolaire en lui donnant les moyens de remplir ses missions de service public d’Éducation pour permettre à tous les jeunes des parcours de réussite est une urgence et une exigence sociale.

 Or le ministère en a décidé autrement : une grande partie des 2600 suppressions de postes prévues dans le second degré impactera fortement les lycées professionnels. Dans le même temps, le gouvernement persiste à promouvoir l’apprentissage au détriment de la voie scolaire. Les orientations du projet de loi sur la formation professionnelle mettent en concurrence brutale ces deux systèmes au sein même des LP. Cela détériorera l’accès à un premier niveau de qualification pour les jeunes et les conditions de travail des enseignant×es.

Le SNUEP-FSU est aussi extrêmement inquiet des arbitrages à venir sur la voie professionnelle scolaire et refusera la mise en place des secondes « familles de métiers » qui déprofessionnaliseraient les filières impactées.

 Le ministère a donné la consigne aux recteurs et rectrices de réduire drastiquement les filières GA à la rentrée 2020. Les personnels victimes de cette décision ne bénéficieront donc pas du temps nécessaire à un plan ambitieux de formation ou de reconversion. Le SNUEP-FSU rappelle que les personnels et les jeunes ont déjà été sacrifiés dès la création de ce baccalauréat en raison d’une conception des savoirs et des certifications complètement hors sol. Le SNUEP-FSU exige qu’un bilan objectif de ce diplôme soit publié et qu’une réflexion globale soit menée afin de donner de véritables perspectives aux jeunes comme aux personnels en amont de toute décision.

 La transformation de la formation professionnelle participe aux mêmes objectifs des réformes du baccalauréat, des lycées généraux et technologiques, de l’orientation, de l’accès aux études supérieures : elle instaure une sélection partout et tend vers une marchandisation de l’École. Ce sont les jeunes, notamment les plus défavorisés, qui paieront le prix fort de ces choix politiques. C’est pourquoi, le SNUEP-FSU appelle à soutenir les mobilisations en cours et à venir, notamment celles des 19 avril et 3 mai prochain dans l’Éducation.

 Le SNUEP-FSU témoigne sa solidarité aux agent×es de la SNCF en lutte pour un service public du transport ferroviaire synonyme d’amélioration de l’accessibilité et de la sécurité pour les voyageurs et non de soumission aux seules injonctions du profit économique.

 Les mêmes logiques sont à l’œuvre dans l’ensemble de la Fonction publique.

Après la réussite du 22 mars, les mobilisations continuent à se construire avec les personnels pour une véritable revalorisation salariale des fonctionnaires. Le SNUEP et la FSU appellent tous les agent×es des LP, SEP, EREA et SEGPA à participer massivement à la journée de grève et de manifestations du 22 mai prochain à l’initiative de 7 fédérations de fonctionnaires ainsi qu’aux actions et initiatives locales qui précèderont.

Tribune unitaire sur la voie professionnelle


Un rapport sur la formation professionnelle scolaire qui met en danger l’avenir de 700 000 lycéen.nes.

Sur demande de Jean-Michel Blanquer, la députée LREM Céline Calvez et le chef d’entreprise Régis Marcon ont produit un rapport sur l’enseignement professionnel scolaire. Ce rapport s’inscrit dans la logique gouvernementale de réforme de la formation professionnelle dans son ensemble. Les préconisations de ce rapport menacent directement l’avenir de la voie professionnelle, des lycées. Nous rappelons qu’aujourd’hui un.e lycéen.ne sur trois est scolarisé.e dans la voie pro, c’est donc un enjeu de société.

L’apprentissage contre l’enseignement professionnel scolaire public

Les deux modes de formation coexistent depuis longtemps, mais les propositions faites dans le rapport visent essentiellement à disqualifier la voie professionnelle scolaire pour mieux servir les intérêts des organisations patronales dans leur volonté de faire main basse sur l’enseignement professionnel au sein de l’Ecole. Dans son projet, le gouvernement utilise l’apprentissage pour remettre en cause l’enseignement professionnel scolaire seul garant d’une formation professionnelle généraliste et émancipatrice. Pour les rapporteurs, la voie pro du lycée devrait servir à sélectionner les élèves : les meilleurs profils pour les employeurs en apprentissage, et la « concentration » des élèves en difficulté sociale et scolaire dans les classes des lycées professionnels. L’apprentissage est discriminant : seulement 30% des apprentis sont des filles, les jeunes issus de l’immigration y sont sous-représentés…

La casse des diplômes : la remise en cause des droits des salarié.es

Les attaques récurrentes contre la voie scolaire passent aussi par la casse des diplômes. La reconnaissance de la qualification dans les entreprises est un élément essentiel pour garantir des droits collectifs (rémunération, conditions de travail, …). Cette qualification repose sur des diplômes nationaux. Le MEDEF n’accepte pas que la définition et la validation des diplômes lui échappe et soit du ressort de l’Éducation Nationale ou du Ministère de l’Agriculture. Les rapporteurs préconisent de remplacer les diplômes par des blocs de compétences. Cette évolution est dangereuse car elle remet en cause une qualification solide au profit d’une simple employabilité immédiate et d’une précarisation accrue.

Construire une ambition commune pour tous les jeunes

La formation professionnelle scolaire est aujourd’hui pleinement en lien avec les réalités du monde économique : les jeunes sont en formation en entreprises 22 semaines sur les 3 ans du bac, les contenus de diplômes sont définis avec les branches professionnelles, et bon nombre de certifications professionnelles sont réalisées en présence des salarié.es des entreprises. De plus, la voie professionnelle permet à davantage de jeunes d’obtenir un diplôme et d’élever leur niveau de qualification pour répondre aux évolutions des métiers. Elle produit bien moins de décrochage que l’apprentissage ! Le gouvernement ne doit pas faire de l’idéologie sur une question qui concerne l’avenir de 700 000 jeunes. Les rapporteurs prétendent viser « l’excellence pour la voie professionnelle », en fait, ils construisent une impasse pour un tiers de la jeunesse lycéenne.

 

Patrick Désiré (Secrétaire général CGT Educ’action) ; Pascal Vivier (Secrétaire général SNETAA-FO) ; Sigrid Girardin (Secrétaire générale SNUEP FSU) ; Aurélien Boudon (Co-secrétaire fédéral SUD Education) ; François Portzer (Président du SNALC) ; Benoît Hubert (Secrétaire général SNEP-FSU) ; Jean-Denis Merle, (Secrétaire général SNLC-FAEN) ; Jean-Marie Le Boiteux (Secrétaire général SNETAP FSU) ; Muriel Filippi (Secrétaire générale CGT Agri).

Professeurs de lycée professionnel : des enseignant-es en voie de disparition ?

COMMUNIQUÉ
Paris, le 26 mars 2018

Professeurs de lycée professionnel : des enseignant-es en voie de disparition ?

Examens réservés 2018 : 484 postes perdus !

Mis en place par la loi du 12 mars 2012, le dispositif Sauvadet de recrutement réservé aux contractuel×les avait pour ambition de résorber la précarité des enseignant-es. La session 2018 était la dernière année prévue par ce dispositif.

Le moins que l’on puisse dire est que les résultats s’avèrent catastrophiques ! Pour exemple, sur 695 postes ouverts cette année, seulement 211 ont été pourvus, laissant 7 postes sur 10 vacants. Depuis 2013, au total 2 271 postes sur 5 773 ouverts n’ont pas été pourvus soit près de 2 postes sur 5 ! L’échec de ce dispositif dans l’enseignement professionnel est sans appel !

Pour le SNUEP-FSU, les conditions d’accès à ce dispositif, trop restrictives, ont écarté un nombre important des contractuel×les de la titularisation. Il faut ajouter à cela un accompagnement bien souvent insuffisant voire quasi inexistant des candidat-es dans la préparation de ce concours.

Plutôt que de chercher les causes de cette crise de recrutement profonde et durable, nul doute que le gouvernement y voit un levier pour réduire encore le nombre de postes dans l’enseignement professionnel public, déjà amputé cette année de 430 postes aux différents concours.

Pour le SNUEP-FSU, il devient urgent de mettre en place un groupe de travail sur le recrutement des enseignant-es de la voie professionnelle et de lancer une réflexion sur les pré-recrutements qui permettrait de renouveler le vivier des PLP. Avec plus d’un enseignant-e sur dix non titulaire dans les lycées professionnel, l’urgence est aussi à la mise en place d’un véritable plan de résorption de la précarité via la titularisation.

Le gouvernement ouvre actuellement des discussions dans la Fonction publique. Les propositions d’ores et déjà avancées révèlent qu’il veut tenter d’imposer le recours au contrat en lieu et place des statuts. Le SNUEP-FSU s’oppose fortement à cette volonté car, au-delà de la protection des personnels, les statuts sont des garanties incontournables pour mettre en œuvre un service public d’Éducation de qualité pour tous les jeunes sur l’ensemble du territoire.

Rendez Vous Académiques pour le 22 mars 2018

Voici les rendez-vous déjà prévus dans l’Académie de Besançon

BESANCON : 10h30 – Parking des Arènes

MONTBÉLIARD : 14h – Champ de Foire

DOLE : 10h30 – sous préfecture

LONS LE SAUNIER : 15h30 – Place de la liberté

SAINT-CLAUDE : 10h30 – sous préfecture

VESOUL : 10h00 – Préfecture

BELFORT : 10h00 – Maison du Peuple