CONSTAT TRONQUÉ

Pour justifier d’une nouvelle réforme dans la voie professionnelle, et de la mise en place de groupes de travail censés la penser et l’organiser, Carole Grandjean choisit seulement certains constats pour mieux en cacher les autres… et dépeindre un tableau noir des lycées professionnels.

La communication de la ministre

  • Un taux d’insertion insuffisant sur le marché du travail pour les élèves diplômés issus des lycées professionnels
  • Un absentéisme et un décrochage scolaire plus marqués au LP qu’au LGT ;
  • Des effectifs de la filière professionnelle en baisse constante.

Les omissions volontaires

✔ Le lycée professionnel amène davantage au diplôme que l’apprentissage. Or la détention d’un diplôme est le premier rempart contre le chômage.
✔ Les différences mesurées dans les taux d’insertion professionnelle s’atténuent avec le temps et deviennent même favorables aux élèves issu·es de la voie scolaire à l’échelle de la carrière.
✔ Le décrochage en LP reste 3 fois moins élevé que dans l’apprentissage présenté comme « modèle » !
✔ Les élèves en situation scolaire difficile au collège sont davantage orienté·es vers le lycée professionnel que vers l’apprentissage ou même le lycée d’enseignement général et technologique.
✔ La baisse des effectifs a pour causes la publicité faite à outrance pour l’apprentissage, au détriment des LP, et la transformation Blanquer de la voie professionnelle, notamment les familles de métiers.

LE FAUX BILAN DE LA TRANSFORMATION BLANQUER DE LA VOIE PRO (TVP)

En demandant à l’Inspection générale de dresser elle-même le bilan de la Transformation Blanquer de la voie professionnelle qu’elle avait été chargée de mettre en musique aux côtés de la Dgesco, il ne fallait
pas s’attendre à ce que ce dernier soit négatif !

Pourtant, le bilan dressé par les collègues et révélé par l’enquête Harris Interactive de mars dernier pour
le compte du SNUEP-FSU, est tout autre :
➡ 71 % considèrent que la TVP est une mauvaise, voire très mauvaise chose, et 79 % considèrent qu’elle ne permet pas d’atteindre les objectifs de formation.
➡ 86 % disent que la TVP complexifie l’organisation des LP et 67 % pensent qu’elle dégrade leurs conditions de travail.
Un bilan réalisé par celles et ceux qui ont eu à mettre en œuvre une réforme ne peut pas être objectif alors que les PLP rejettent la TVP et ses conséquences.

CONTENU IMPOSÉ POUR UNE RÉFORME DÉJA ÉCRITE

Les groupes de travail doivent échanger sur : « augmenter progressivement les PFMP, ajuster la carte des formations, adapter les organisations pédagogiques, donner aux lycées professionnels les moyens d’adapter leur projet d’établissement aux réalités locales … ». « La réforme des lycées professionnels sera installée progressivement sur le quinquennat à compter de la rentrée scolaire 2023 ». (Carole Grandjean, le
21 octobre 2022).
Les thèmes et les objectifs des groupes de travail sont imposés par la ministre. La réforme est déjà écrite.

LE SNUEP-FSU REFUSE DE LÉGITIMER UNE RÉFORME STRUCTURELLE QUI SABORDE LE LYCÉE PROFESSIONNEL.
UNE PAGE DE LA GRANDE HISTOIRE DES LYCÉES PROFESSIONNELS S’ÉCRIT EN CE MOMENT.
DEUX CHOIX POSSIBLES : COLLABORER OU RÉSISTER.
EN NE PARTICIPANT PAS AUX PSEUDO-CONCERTATIONS, LE SNUEP ET LA FSU SONT ET RESTERONT DU BON CÔTÉ DE L’HISTOIRE, POUR EMPÊCHER CE SABORDAGE ORGANISÉ DES LYCÉES PROFESSIONNELS.