Le Jura passe au rouge, le DASEN reste de glace

            « C’est la loi, je ne peux pas déposséder les chefs d’établissement de leur prérogatives ni me substituer aux maires » : c’est en résumé les propos tenus par le DASEN du Jura pour justifier l’inaction des services de l’éducation nationale dans cette période de canicule inédite par sa violence et sa durée. L’ampleur du phénomène aurait dû, dès lundi, alerter les autorités académiques ainsi que les services préfectoraux. Il n’en a rien été, le rectorat et la DSDEN s’en sont tenus à leur sempiternelle délégation au local : une décision qui permet… de ne pas décider, et de se décharger de toute responsabilité ! Faute de communication claire et unifiée, faute de consignes, les mesures prises au local se sont révélées cacophoniques et inéquitables. Chaque chef d’établissement décide de ce qui lui semble le plus approprié, chaque maire, parfois fraîchement élu, doit prendre dans l’urgence une décision qui parfois le dépasse. Résultat : dans une même ville, on peut trouver un établissement où tous les cours sont maintenus et un autre où ils sont annulés l’après-midi ; dans un troisième, les élèves sont mis au frais… sur le parking, seul endroit où il y a des arbres ! C’est le règne de l’improvisation et de la débrouille au mépris des conditions de travail des personnels.

            Pourtant l’Inspection académique aurait pu prendre une mesure simple. Elle consistait, a minima,  à communiquer aux établissements scolaires du premier et du second degré la consigne suivante : adresser un message aux familles les invitant, quand c’est possible et favorable pour l’élève,  à maintenir les élèves à domicile. Cela aurait permis aux équipes d’organiser l’accueil des élèves et d’assurer la continuité de mission de service public non pas d’éducation mais d’accueil des élèves. Mais pour ce faire, il aurait fallu également prendre la mesure de la violence de salles de classe transformées en étuves, voire même, soyons fous, s’y rendre pour la constater.

            L’éducation nationale et les collectivités territoriales ne peuvent pas, chaque année, faire semblant de redécouvrir l’ampleur des épisodes caniculaires en ne répondant que dans l’urgence. A la rentrée, un bilan devra être fait de cette séquence pour en tirer toutes les conclusions.

            Si l’on veut que l’École continue à être un service public apte à accueillir les élèves tout au long de l’année, il faut lui en donner les moyens. La FSU rappelle que le plan de rénovation thermique du bâti scolaire qu’il défend depuis de nombreuses années est largement finançable : 4 à 5 milliards d’euros par an, c’est 2% des aides aux grandes entreprises en 2023 ou encore 1% du patrimoine de Bernard Arnault.

Aurélien Bergonzi, SNES-FSU

La position du SNUEP-FSU à lire ici : https://snuep.fr/actualites/canicule-agir-devant-linaction-du-ministere/

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